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Le Pongol et l’engagisme à la Réunion

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La vie des engagés, notamment la célébration du Pongol, Firmin Lacpatia la connaît bien. Historien, auteur de nombreux livres sur ce pan de notre histoire, il a été dans les années 90, en tant qu’adjoint chargé de la culture à la mairie de Saint Denis, l’artisan de la Semaine de l’Inde au Parc des Expositions. Avec la mise en place du nouveau calendrier, la fête du Pongal prendra un nouveau essor, en tout cas nous le souhaitons, digne de la place qu’elle occupait pendant la période de l’engagisme.

C’est en 1828 q’apparaît pour la première fois dans le vocabulaire de la colonie le terme PONGOL. en effet, c’est dans le premier contrat d’engagement en date du 16 mars 1828 que l’on fait signer aux 18 engagés de Yanaon le texte qui stipule:

Art.5: Nous sommes entièrement libres de professer notre religion et d’en faire les cérémonies, suivant les us et coutumes de nos castes. Il nous sera permis, si nous le désirons, d’établir une petite pagode.

Art.8: Nous serons exempts de travail le jour du PONGOL qui sera notre seule fête et pour laquelle nous prendrons 4 jours pour la célébrer,…

Une dépêche de 1830 du Ministère des Colonies vient de conforter ces dispositions :
« Aux termes de l’article 15 du même arrêté (décret de 1829), un terrain doit être délégué par l’autorité pour servir de ce centre aux Indiens pour la célébration de leurs fêtes religieuses ; il importe également de laisser à ces étrangers la plus grande latitude pour la pratique de leurs lois et de leurs coutumes, notamment quant aux inhumations et aux successions »

Pour la suite, tous les contrats, antérieurs ou postérieurs à la Convention Franco-anglaise de 1861, stipulaient au profit des engagés l’obligation de maintenir leurs salaires pendant les 4 journées du PONGOL considérée comme la fête de la moisson.

Selon la tradition, cette fête célèbre Indra, Sourya (le soleil dispensateur de l’abondance), la vache ( le principal soutien agricole et humain):

– Le premier jour BHOGUI PONGOL, on nettoie et embellit la maison.

– Le deuxième jour c’est le SOURYA PONGOL, dans un pot de terre cuite décoré, on fait bouillir le riz. Dès l’apparition de la première écume, on crie de joie « PONGOLO PONGOL ». Le mot « Pongal » ayant pour racine le verbe « pongu » qui signifie « cuire, bouillir, déborder ».

– Le troisième jour étant le MATTOU PONGOL, on vénère les outils de travail et le bétail.

Le Pongol est principalement à l’honneur dans le Sud de l’Inde, d’où sont originaires la grande majorité des immigrants Indiens.
Le Pongol fut donc la fête par excellence des Indiens engagés et il n’est pas étonnant qu’ils aient profité de ces quelques jours fériés pour faire coïncider d’autre cérémonies religieuses publiques ( marche sur le feu,…) ou familiales, depuis cette époque.
Une abondante littérature, dans les récits et journaux de l’époque, nous relate les diverses processions religieuses et cérémonies qui étaient alors concentrées pendant la période du Pongol.

F.LACPATIA

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