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Critique du film tamoul Magalir Mattum > Note: 6/10

Magalir mattum


Hier soir a eu lieu la première du festival du film oriental avec la projection de Magalir Mattum (Ladies Only en anglais). Ce fût un joli petit film qui aurait pu être un meilleur film encore.

Un road trip à 100 à l’heure

Magalir Mattum est un road trip, et comme tout bon road trip, il se déroule à 100 à l’heure! Que ce soit dans la forme ou dans le fond il va vite… Peut-être même un peu trop vite car personnellement ne parlant pas tamoul, je n’ai pas pu comprendre certaines subtilités que j’ai remarqué étant cinéphile.

Un fast and furious girly?!?

Ici très peu de contemplation et de scènes à rallonge, il s’agit d’un enchaînement de scénettes dynamiques. Même si au début celles-ci paraissent bien réalisées et donnent du rythme à l’histoire, elles n’étaient pas adaptées à toutes les périodes du film or l’auteur n’a fait que ça! Dans le développement du film, le choix de cette forme rapide a entraîné une certaine fatigue, à la fin du film cela mène à une légère incompréhension de l’histoire de ces 4 femmes. Globalement j’ai eu l’impression de regarder “Fast and Furious” avec uniquement des femmes dans les rôles principaux.

Trop de vitesse qui dessert le scenario

C’est assez dommage pour l’histoire, que le réalisateur ait fait ce choix de garder un rythme élevé tout au long du film. J’aurais aimé un développement plus consistant des caractères psychologiques de ces 4 femmes et cela nécessitait de diminuer la vitesse du film au début pour pouvoir nous imprégner de leur histoire personnelle. Nous aurions eu l’occasion alors de nous attacher à celles-ci et à comprendre et ressentir vraiment leur mal-être profond d’épouses tamoules, qui s’oppose dans ce film aux petits bonheurs touchants qui fondent leur amitié originelle.

Une amitié adolescente

Car c’est bien de cela qu’il s’agit: de l’amitié de ces femmes. Celles-ci étaient les plus grandes amies du monde lorsqu’elles étaient adolescentes, fortement liées par les bonheurs (ou malheurs) qu’impliquent leur vie dans un pensionnat catholique de jeunes filles indiennes de bonne famille. Elles ont eu droit ensemble à la stricte discipline de la mère supérieure et aux affres des amours de jeunesses romantiques et contrariés. En ce temps là, les petites étaient bien minces, mignonnes et toutes noires de peau, de vraies petites étudiantes tamoules à couettes. Tout ceci était bien joli à voir, mais elles faisaient des bêtises, comme faire le mur pour aller regarder des films indiens en cachette au cinéma.

Des problèmes de peau?

Quelques années plus tard, les trois copines se sont mariées, ont eu des enfants et désormais elles ont la cinquantaine, ont pris du poids et dépriment dans leur mariage. Curieusement, les petites filles tamoules toutes noires ont beaucoup blanchi, je ne connais pas leur méthode de blanchissement de la peau en Inde, mais c’est diablement efficace! Pourquoi les petites jeunes tamoules à la peau noire se retrouvent elles plus âgées avec un visage plutôt typé hindi et éclairci? Cela n’est pas tellement logique, mais passons…

Voici une photo du réalisateur
bramma-g-interview

Beaucoup de sujets importants abordés concernant les femmes indiennes…

Magalir mattum aborde des sujets très sérieux pour les femmes indiennes. Nous voyons des femmes malheureuses dans leur ménage, cantonnées à des rôles domestiques, bafouées même par leurs enfants et se sentant très mal dans leur peau. Celles-ci n’auront pour seule bouffée d’oxygène que cette escapade kerouacquienne organisée par la belle fille de l’une d’entre-elle.

…Abordés de façon un peu superficielle

Entre les reprises de contact, les amusements de ces femmes, les rebondissements, le voyage, les événements et la poursuite des parents de ces femmes, nous voyons des flashback de leur enfance et une description de leur vies séparées par leur mariage. Au fil du film, malheureusement ces sujets intéressants et devant être traités par le film ne le sont finalement pas et servent de prétexte à l’avancement de l’histoire.

Une fin un peu lol

Le Happy-End final est arrivé un peu comme un cheveu sur la soupe, les femmes débarquent dans un genre d’ashram avec des neo-sauvages portant des cornes (?!?) mais je n’en dis pas plus…

Malgré ses défauts un spectacle à voir!

Le film a le mérite de lancer les sujets, même si ceux-ci ne sont pas vraiment abordés, ça reste un joli film haletant, avec une musique humoristique de bonne facture. Une chanson m’a marqué et ce sera le mot de la fin de cette critique: “méfiez vous des beaux garçons qui portent une moustache”…

Critique en anglais

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